Étape 1
Bon appétit avec petitmiam.com
La soupe à l’oignon gratinée est bien plus qu’un simple plat hivernal : c’est une véritable icône de la cuisine française, née de la rencontre entre la rusticité paysanne et l’élégance des tables parisiennes. Longtemps considérée comme la soupe du peuple, elle a traversé les siècles pour devenir un incontournable des bistrots et des brasseries.
Son origine remonterait au Moyen Âge, époque où l’oignon, peu coûteux et facile à cultiver, était l’un des rares légumes disponibles toute l’année. Les bouillons d’oignons étaient alors consommés par les classes populaires pour se réchauffer et se sustenter. Mais c’est au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XV, que la légende prend une tournure plus savoureuse : on raconte que le roi, surpris par une fringale nocturne lors d’un séjour à Chambord, aurait improvisé une soupe avec du beurre, des oignons et du champagne. Une version royale, certes, mais qui témoigne de l’universalité de ce plat.
La version gratinée, telle qu’on la connaît aujourd’hui, s’est popularisée au XIXe siècle dans les Halles de Paris. Les travailleurs de nuit et les fêtards y trouvaient un réconfort à l’aube, dans une soupe fumante, enrichie de pain rassis et de fromage fondu. Le gratin, croustillant et doré, ajoutait une touche de gourmandise irrésistible.
Dans la recette que tu proposes, on retrouve tous les éléments qui font le charme de cette soupe : des oignons lentement caramélisés, un bouillon parfumé au bouquet garni, des tranches de pain imbibées et gratinées au gruyère, et une touche finale de madère et de jaune d’œuf qui apporte rondeur et profondeur. C’est une version généreuse, presque festive, qui rend hommage à la tradition tout en ajoutant une note raffinée.
Servie bien chaude, accompagnée d’un verre de vin blanc sec ou d’un rouge léger, elle réchauffe les corps et les cœurs. Et comme le disait Brillat-Savarin : « La découverte d’un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d’une étoile. »